Comprendre la hernie discale lombaire

Vous avez dernièrement expérimenté une douleur en vous relevant de la position penchée vers l’avant (ex. : en changeant vos pneus, en pelletant un lourd amas de neige OU en voulant prendre votre enfant dans vos bras) ? Depuis, vous avez de la douleur qui descend dans une jambe et des picotements dans celle-ci ? Sans parler de la position assise qui vous est bien difficile de maintenir… Il est grand temps pour vous de consulter un physiothérapeute puisque vous avez probablement une hernie discale lombaire.

Qu’est-ce qu’une hernie discale ?

Il s’agit en fait d’un déplacement des composantes du disque intervertébral, soit le coussin situé entre les vertèbres (voir image 1). Le disque a principalement pour fonctions de transmettre le poids d’une vertèbre à l’autre et de permettre le mouvement de la colonne vertébrale. La hernie discale lombaire (au bas du dos) est plus prévalente chez les adultes de 30 à 50 ans et plus fréquente chez les femmes que chez les hommes (1). Cette blessure se produit le plus souvent en se penchant vers l’avant, avec ou sans rotation du corps (2), d’où l’importance de protéger son dos dans les différentes tâches au quotidien!

  Disque normal :                                                                                       Disque avec hernie discale :

   

Dans cette condition particulière, le bombement du disque intervertébral est susceptible de venir comprimer ou irriter les structures nerveuses adjacentes (comme les racines nerveuses par exemple) (3). Cela peut provoquer une douleur partant du dos qui descend dans une jambe, une perte de sensibilité dans la jambe, une faiblesse et/ou des engourdissements/picotements dans la jambe et/ou le pied (1). Les symptômes varient en fonction de la localisation de la hernie discale et secondairement de la structure nerveuse qui est atteinte, par exemple la 4e racine lombaire (L4) versus la 5e (L5) (voir image 2 pour une représentation indicative des variations de la localisation de la douleur en fonction de la racine nerveuse atteinte). Il est à noter que les disques entre la 4e et la 5e vertèbre lombaire et entre la 5e vertèbre lombaire et la 1re vertèbre sacrée sont les plus souvent touchés par une hernie.

Le rôle de la physiothérapie

Si vous présentez des symptômes qui s’apparentent à ceux mentionnés ci-haut, le physiothérapeute est apte à déterminer si une prise en charge médicale est requise dans un premier temps et peut vous aider à soulager votre douleur par des exercices appropriés, des techniques de thérapie manuelle et/ou l’utilisation d’électrothérapie. Pour ce faire, il peut, par exemple, avoir recours à la technique McKenzie (voir chronique à ce sujet). N’hésitez pas à communiquer avec nous pour prendre rendez-vous et en finir avec votre douleur ! 

Références

(1) Jordan J, Konstantinou K, O’Dowd J. Herniated lumbar disc. BMJ Clin Evid 2009;3:1–34.

(2) Sueki D, Brechter J. Orthopedic Rehabilitation Clinical Advisor, Mosby Elsevier, 2010, 965 pages.

(3)L. Rhee J., Schaufele M., A. Abdu W,  Radiculopathy and the herniated lumbar disc, JBJS, Volume 88-A, No 9, septembre 2006, p.2069 à 2080.

Image 1 : Caren G. Solomon, Herniated Lumbar Intervertebral Disk, The New England Journal of Medicine, 364 :18, 5 mai 2016, p.1763 à 1772.

Image 2 : Strayer Andrea, Lumbar Spine : Common Pathology and Interventions, Journal of Neuroscience Nursing, August 2005, Vol 37, No 4, p.181 à 193. 

La commotion cérébrale chez l’enfant et l’adolescent.

 

Lors d‘un match de soccer un attaquant de 14 ans entre en collision avec un adversaire en tentant de faire une tête en avant du but début de première demie. Il reçoit un coup de coude à la tête et tombe sur le terrain. L’attaquant ayant reçu un coup à la tête se relève péniblement et commence à marcher vers le but, apparaissant étourdi. Il est alors aidé par ses coéquipiers pour retourner sur les lignes de côtés. En arrivant au banc, il se plaint d’un mal de tête et d’étourdissements. Il ne présente pas de nausée ni de problèmes de vision. Il reconnait ses coéquipier et l’emplacement du match, mais ne se souvient pas quelle demie est en cours, ni le pointage actuel du match. Au bout de 15 minutes, tous les symptômes disparaissent complètement. Il se souvient de tout, n’a plus de maux de têtes. Aucun autre symptôme n’apparait et il veut absolument retourner jouer la fin du match.

Quelle est la décision appropriée au sujet du retour au jeu pour ce joueur?

Peut-il retourner jouer dans le match en cours? Quel type d’évaluation est requis? A-t-il besoin d’un suivi?

La particularité de ce joueur est qu’il est un adolescent. Lorsqu’on est enfant ou adolescent, une commotion cérébrale peut avoir un impact important sur le développement et donc il faut être très prudent avec la prise en charge de cette blessure.

En effet, en termes de développement, le cerveau n'atteint pas son poids adulte de 1,4 kg (3 lb) avant l'âge de 12 ans. De plus, la région du lobe frontal, qui est très fragile et sujette aux effets de la commotion cérébrale, n'atteint pas sa pleine maturité cognitive avant l’âge de la mi-vingtaine! Des dommages au lobe frontal subi n'importe quand lors du continuum de développement des enfants et des adolescents peuvent avoir un impact sur les fonction exécutives, notamment la mémoire de travail, le contrôle cognitif, l'apprentissage, l'attention sélective et la sélection de réponses motrices, toutes des fonctions importantes dans la vie de tous les jours et à l’école.

Les commotions cérébrales sont potentiellement plus dévastatrices pour les jeunes et les adolescents que pour les adultes parce que les enfants et les adolescents sont en plein dans le processus d'apprentissage de nouvelles tâches. De plus, les enfants et les adolescents prennent plus de temps à récupérer que les adultes.

Si on suspecte qu’un enfant ou un adolescent a subi une commotion cérébrale, il devrait immédiatement être retiré du jeu ou de l’entraînement. S’il est inconscient, il faut prendre toutes les précautions nécessaires (c’est-à-dire appeler le 911 et immobiliser le jeune sur une planche dorsale). Il faut aussi s’assurer de vérifier les voies respiratoires, sa respiration et sa circulation.

Si le blessé est conscient, il faut garder une observation soutenue afin de déceler tout signe de détérioration. Effectivement, les symptômes pourraient se manifester plus tard pendant la journée ou le lendemain car la commotion cérébrale est un processus qui se déroule sur plusieurs heures et jours. Tout enfant ou adolescent chez qui l’on suspecte une commotion cérébrale devrait être évalué par du personnel médical qualifié dans les plus brefs délais. Un joueur ne devrait jamais retourner au jeu (incluant aussi les pratiques) s’il est symptomatique.

De plus, les enfants et les adolescents ayant subi une commotion cérébrale présentent souvent une diminution de l’attention, des temps de réaction ralentis et des pertes de mémoire. Ces symptômes plus difficiles à mesurer peuvent néanmoins rendre le joueur moins apte à éviter des situations à risque de subir une nouvelle commotion cérébrale.

Suite à l’évaluation par du personnel médical spécialisé, le joueur ne devrait pas être laissé seul durant les 24 heures à 48 heures suivant la commotion cérébrale. Un adulte responsable, idéalement un des parents, doit surveiller l’enfant ou l’adolescent afin de déceler une détérioration de ses symptômes (par exemple : maux de têtes intenses et augmentant, vomissements persistants, convulsions, difficulté avec la vision, difficulté à parler ou à marcher et pertes d’équilibres) et vérifier tout signe de détérioration pendant la nuit (par exemple : une respiration anormale, des convulsions).  Malgré les croyances communes, il ne faut toutefois pas réveiller l’enfant ou l’adolescent pendant la nuit s’il a subi une commotion cérébrale. En effet, le repos est très important pour la récupération et le sommeil est important pour la récupération. Par contre le parent, lui, se doit d’aller vérifier très souvent (à toutes les 1 ou 2 heures durant la nuit) l’état de l’enfant ou adolescent. Si on constate des signes de détérioration ou en cas de doute, l’enfant ou l’adolescent devrait subir une réévaluation immédiate au département d’urgence le plus proche.

Accommodements à prévoir pour les enfants et les adolescents ayant subi une commotion cérébrale en plus de les retirer de toute situation pouvant les mettre à risque :

1 ) Un temps de sommeil accru

2 ) Des journées d'école réduites

3) Des devoirs et leçons adaptés/modifiés

4 ) Pauses plus fréquentes à l'école

Éléments importants à prendre en considération et qui doivent être traités avec prudence lors d’une commotion chez un enfant ou adolescent 

1 ) Si l’enfants à subi une commotion cérébrale sévère ou s’il est lent à récupérer

2 ) S’il a subi plusieurs commotions cérébrales

3 ) Plus l’enfant est jeune, plus il faut agir avec prudence

 

Donc pour notre joueur du début, l’athlète est resté hors du match pour le reste de la partie, même si les symptômes ont disparus après 15 minutes. Il a eu une évaluation standardisée pour l’évaluation des commotions. Ses parents et lui ont reçu les instructions concernant la commotion cérébrale, les symptômes associés et que faire si sa condition se détériorait.

Mieux vaut être prudent lorsque l’enfant ou l’adolescent subit une commotion cérébrale!

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